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MES CHRONIQUES OENOLOGIQUES
LA DEGUSTATION D'UN VIEUX
MILLESIME
L'appellation
Saint-Julien en Médoc |
Le Médoc
couvre environ 10 % du vignoble bordelais et se situe
au nord de Bordeaux et sur la rive gauche de l'estuaire.
Il est réputé pour l’élaboration
de ses grands vins rouges de garde parmi lesquels les
Saint-Juliens ont une place de choix. Cette appellation
est presque confidentielle avec ses quelques 900 ha.
Elle ne compte pas de Premier Crus Classé, mais
l’une des plus fortes proportions de Grands Crus
Classés par rapport à ses voisines Margaux,
Pauillac, Saint Estèphe… |
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Le
Château Léoville Poyferré |
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Ce
Second Grand Cru Classé bénéficie
des conditions privilégiées du terroir
de Saint Julien.
La proximité de l’Océan et de l’estuaire
de la Gironde tempère remarquablement le climat.
Les entrées maritimes et les vents marins créent
également une alternance favorable d’humidité
et de sècheresse. Ces facteurs climatiques sont
en synergie avec les particularités géologiques
locales. En effet, des croupes graveleuses d’origines
glaciaires rendent le sol drainant, aéré
et favorable à un enracinement profond qui permet
la prospection d’une diversité de nutriments
responsables de synthèses aromatiques complexes.
Les vins produits ont alors une forte identité,
nuancée par rapport à celle des appellations
voisines également typées |
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Le style
de Saint Julien s’inscrit entre une rondeur et
un charme marqué à Margaux et une structure
et une puissance parfois plus soutenues à Pauillac.
Le Domaine de Léoville était l’un
des plus vastes du Médoc jusqu’à
la Révolution, et fut par la suite partagé
en trois avec la création des Châteaux
Léoville Lascase, Léoville Barton et Léoville
Poyferré.
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La
famille Cuvelier possède le Domaine de Léoville
Poyferré depuis 1920. Après de
fabuleux millésimes et de moins grandes réussites,
depuis les années 80, a été entreprise
une politique qualitative de restructuration du vignoble
et de l’outil technique de vinification qui est
aujourd’hui extrêmement performant. Le résultat
s’est affirmé depuis avec une succession
de millésimes superbes ces dernières années. |
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Dégustation
du millésime 82 du Château Léoville
Poyferré |
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L’instant
est solennel, il s’agit d’une année
mythique dont j’ai beaucoup entendu parler même
si j’étais encore un peu jeune et pas encore
amateur de grands vins à l’époque.
Depuis j’ai eu l’occasion dans ma vie professionnelle
de l’apprécier et de le vérifier.
Seuls quelques millésimes laissent une telle
empreinte, 1990, 2000 bien sûr et le 2005…
A peine débouchée, la bouteille laisse
diffuser un subtil parfum dans l’air. C’est
déjà bien parti, avant même de percevoir
la couleur, le décor est planté. Le glou-glou
du premier verre est aussi important. |
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Ca
y est. La robe est de couleur brune,
évoluée mais elle conserve une nuance
cerise qui témoigne de l’évolution
lente et encore harmonieuse de ce vin de vingt quatre
ans d’âge. Le dépôt que l’on
remarque dès le col de la bouteille sur la face
qui était couchée, se traduit par un léger
louche dans le verre.
Au nez, le fruit est encore très
frais et dominant. Une présence de pruneaux cuits,
de griottes au kirsch en sont la base. Puis on décèle
un fumé délicat et un sous bois d’été
très noble.
Après agitation, le fruit fait place à
une dominante de fumée de cheminée et
de goudron qui se mêlent à des notes animales
de cuir. Le plaisir est intense et la puissance des
arômes remarquable.
Au repos le fruit émerge à nouveau mais
moins flamboyant. L’effet de l’oxygénation
est rapide. Le vin en dix minutes devient plus sauvage,
et un nez « giboyeux » très
raffiné se dessine.
Je n’ai pas
encore goûté le vin. L’évolution
est si rapide au nez, qu’il est presque impossible
de penser à autre chose... |
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